Biennale de la danse

Publié le 24 Septembre 2012

À l’occasion de la Biennale de la Danse la ville de Lyon se remplit des plus variés spectacles, au dénominateur commun de la danse, avec un thème différent à chaque édition. La 15e Biennale, qui a lieu pendant ces semaines, reprend plusieurs types de danse, dès le flamenco jusqu’au hip hop en passant par la danse classique. Aussi les spectacles ils sont de tout genre : la parade la plus grande d’Europe, cours de danse à plein air, concerts et ballets live, projections…

Dans cette dernière catégorie rentre la séance qui a eu lieu au Café de la Danse le lundi 17 septembre. Entournés d’un endroit très artistique, on a pu apprécier un extrait d’une oeuvre qui a marqué l’histoire de la danse. Sur la pièce musicale Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy, inspirée elle-même du poème de Mallarmé et de style impressioniste, le célèbre danseur russe Vaslav Nijinski a mis en scène son premier travail comme chorégraphe. Pourtant, il s’agitait d’une version plus récente, d’autant plus qu’alors il n’y avait pas de moyens pour enregistrer les ballets. Et malheureusement c’était aussi un enregistrement de mauvaise qualité, soit depuis les origines de cet enregistrement soit à cause de la lumière et le bruit qu’il y avait dans le Café, une salle de projection très belle mais pauvrement conditionnée.

Le Café de la Danse se trouve à l’intérieure du Palais de la Bourse de Lyon, un bâtiment historique qui date du XIX siècle. Cette salle est richement décorée, avec une profusion de statues classiques, peintures murales et dorés. Ici on a improvisé un petit cinéma démi-fermé, avec des écrans et quelques chaises, pas totalement isolé des tables où les gens pouvaient manger ou boire un verre.

La pièce de danse dont l’extraite on a regardé en premier lieu, c’est-à-dire L’après-midi d’un faune, fut créé par Vaslav Nijinski au sein de la compagnie des Ballets Russes de Serge Diaghilev et présentée à Paris en 1912. Reprise plusieurs fois pendant le XX siècle, celle a été toujours polémique et provocante, un bouleversement de la signification traditionnelle de la danse. Nijinski, auparavant danseur classique, a voulu lui-même créer un ballet qui n’est plus ballet dans le sens strict, dont l’originalité et la sensualité sont choquantes pour public et critique. C’étaient les origines de la danse contemporaine.

Au début, on voit le décor qui représente un bois, tout sombre, avec un podium où le faune est allongé. La musique commence, la faible lumière dorée l’illumine, illumine son costume à taches, ses gestes lents tandis qu´il se réveille et s’étire, il joue une flûte… L’image animale et intime nous rappelle la représentation mythologique traditionnelle du faune. En dansent par terre, l’action se déroule doucement.

Puis un groupe de jeunes nymphes fait son entrée. Maintenant on peut apprécier mieux le style clairement oriental des vêtements (tuniques pour les filles) et des mouvements, pour lesquels Nijinski avait tiré l’inspiration des vases grecques. Figures du profil, mouvements parfois secs parfois souples, absence totale de l’en dehors typique de la danse classique. Les filles dans en rang, le faune protagoniste descend de son podium et bouge parmi elles. À continuation, il commence à danser avec une des filles, qui porte un voile ; on focalise sur l’expression du visage, la séduction, le toucher. Ils dansent ensemble, tous seuls, mais elle le quitte, en laissant seulement son voile, qu’il ramasse. Le groupe de nymphes rentre en scène et en sort encore, tandis qu’il caresse toujours le voile.

Enfin, on remarque le faune solitaire et fasciné encore de cette nymphe charmante. Or, le finale de la pièce en est la partie la plus controversée : historiquement, le faune feigne un orgasme. L’aspect physique de l’oeuvre est tellement puissant qu’il peut causer rejet, même aujourd’hui, d’autant plus au début du XX siècle.

Néanmoins, il s’agit d’un ballet de grande importance historique et très caractéristique, une originale création plaisante pour les sens qui peut servir soit à nous introduire dans l’univers de la danse contemporaine soit à en consacrer le goût.

Irene

Rédigé par ateliersilcf

Publié dans #Arts, #Spectacles

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article