Créations collectives : la nouvelle

Publié le 29 Mai 2012

Créations collectives des étudiants de l'atelier d'écriture de l'ILCF (2012) réalisées en petits groupes pendant une séance d'écriture à partir des éléments d'Exercices de style de Raymond Queneau (1947)

A PIED.

C'est l'hiver, à minuit, le dernier parcours du bus à Paris. Dans un coin du bus est assis un vieil homme sans doigts à la main gauche. Il hume l'odeur d'un mélange d'alcool et de poubelle au loin. Soudain, il repère l'origine de cette odeur en face de lui : c'est un jeune homme aux cheveux longs, très poilu, qui marche en zigzag et demande de l'argent. Quand ce jeune homme est passé devant le vieillard, il lui a également demandé des pièces mais le vieil homme a refusé en lui disant : « Je n'ai pas d'argent à te donner ». Le mendiant a poussé le vieil homme et, une minute pus tard, les deux se battaient. Le conducteur à l'autre bout du bus a arrêté son véhicule lorsqu'il a vu la scène. Il est venu séparer les deux hommes et les a fait sortir avant de continuer tranquillement son trajet. Les deux hommes ont eux aussi repris leur chemin... à pied.

OLIVIER.

C'était à Paris, à 9h du matin, le 1er janvier 1960... le premier jour de l'année. Olivier, un homme de 31 ans, avait perdu son travail en novembre dernier. Ce matin-là, il s'était réveillé un peu désespéré : il n'avait plus d'option. Elle n'était pas là, elle n'avait pas dormi chez lui, elle avait disparu. Olivier a réfléchi à l'endroit où elle pourrait être mais il n'en avait aucune idée. Il a décidé de sortir à la recherche de sa femme. C'était un jour sombre. Il a trouvé un bus et a décidé de monter dedans sans but déterminé. Il y avait seulement deux personnes à bord : le conducteur et un autre homme qui avait l'air désagréable. Le conducteur n'arrêtait pas de regarder Olivier car il lui manquait une partie de sa jambe. Il l'avait perdue pendant la deuxième guerre mondiale. Olivier se sentait mal à l'aise : il a commencé à marcher plus vite avec ses béquilles et est tombé juste devant l'autre passager qui s'est réveillé. Mais ce dernier n'a pas aidé Olivier qui a commencé à crier. Il ne cessait de penser à sa femme, a commencé à pleurer et a raconté son histoire à l'homme assis. Ce dernier a reconnu sa femme. Par le plus grand des hasards, l'homme du bus connaissait l'amant de la femme d'Olivier, lui a dit qui il était et où il habitait. Ils y sont allés ensemble et ont trouvé le couple ensemble. C'était la fin pour Olivier.

HA !

En 1960, dans un bus parisien, un homme a pris le siège prioritaire quand il est monté dans le bus. A l'arrêt suivant, un homme qui était blessé à la jambe est également monté et ne trouvait pas de siège. Il a demandé à l'homme qui occupait le siège prioritaire de lui donner, mais ce dernier a refusé. L'homme désagréable était grand, gros, très jeune... A l'inverse, l'homme blessé était petit, mince, âgé et portait un grand sac. Soudain le bus a dû s'arrêter très vite à cause d'une femme qui avait traversé la rue avec sa petite fille. Seul le passager assis sur le siège prioritaire a été blessé à cause de la poignée du bus pour les handicapés. L'autre homme a ri de lui.

KARMA

C'était en 1960, un matin chaud à Paris. Quand le bus est arrivé à l'arrêt, un homme sans pieds est monté dans le bus avec un fauteuil roulant. Il avait les cheveux châtains, il portait un chapeau bleu et une chemise rouge. Il avait une bouteille de vin à la main. Il n'y avait plus de places libres donc il a demandé à un homme anglais de descendre du bus. L'homme anglais était très désagréable et en colère. Il refusait de descendre et a tout à coup frappé l'homme handicapé : celui-ci est tombé de son fauteuil et s'est retrouvé allongé sur le trottoir. Tous les gens dans le bus observaient la scène mais personne ne l'a aidé. Soudain, un homme est venu du fond du bus et a pris le fauteuil pour faire monter l'homme qui s'était également cassé le bras. L'anglais est descendu du bus mais alors qu'il traversait la rue, une voiture l'a heurté: il a perdu une jambe. Désormais, il a besoin d'utiliser un fauteuil roulant...

LE SIXIEME DOIGT.

1960. Aujourd'hui, il y avait une manifestation grave. Le bus devait s'arrêter au milieu de la ville. Il y avait 20 personnes dans le bus. Toutes les personnes étaient vraiment agacées parce qu'elles avaient déjà attendu deux heures. Une femme avec trois enfants (un bébé et des jumeaux de moins de 3 ans) était assise dans le bus. Ses enfants pleuraient beaucoup. Il y avait aussi un homme avec des défauts physiques : il était grand, gros, il avait six doigts et les cheveux verts. Il était vieux et portait un petit sac en cuir. Le sac était rouge clair. Il jouait avec les petits garçons mais quand ces derniers ont vu sa main, ils ont commencé à pleurer, les parents sont venus et ont arrêté le jeu. L'homme était très triste à cause de son handicap et il a commencé à pleurer. Au prochain arrêt, il est sorti du bus et est allé au bar, car il était déprimé et il a bu beaucoup d'alcool. Il était complètement ivre et il a marché devant une voiture qui l'a heurté. C'était la voiture de la famille du bus. Et les petits garçons ont recommencé à pleurer. Les parents voulaient fuir l'accident mais ils ont vu qu'il y avait un témoin en train de regarder la scène. Ils sont sortis de la voiture et ont aidé l'homme : ils ont alors remarqué qu'il avait perdu son sixième doigt.

SOLIDARITE.

En 1960. Un bus s'arrêtait avant Notre Dame de Paris. On pouvait regarder par la fenêtre. Il y avait beaucoup de touristes. C'était un bel après-midi d'été avec beaucoup de soleil. Les arbres étaient verts. Les gens étaient contents de voyager dans Paris. Tout à coup, un homme habillé avec un manteau, un chapeau, et avec deux jambes inégales, a marché devant le bus et le bus a dû s'arrêter soudainement. Le conducteur était très furieux. Il a commencé à parler à l'homme très agressivement. Tous les gens dans le bus ont entendu le bruit et ont observé la dispute entre le conducteur et l'homme. La foule ignorait la situation mais un peu plus loin, un SDF très désagréable qui avait vu ce qui se passait a traversé tout le bus pour aider l'homme à la jambe trop courte. L'homme a eu peur mais n'a rien dit. Le SDF l'a aidé et tous les touristes ont pu voir la scène. Un touriste a décidé de lui donner 100 euros pour sa bonne action et toutes les autres personnes ont applaudi.

L'HOMME SANS NEZ.

L'été 1960 à Paris. Il faisait très chaud ce jour-là, et il y avait beaucoup de monde dans le bus, et ça sentait mauvais ; il y avait deux hommes assis ensemble, et celui de droite n'avait pas de nez ; toutes les personnes le regardaient bizarrement il avait l'air très timide ; à côté de lui il y avait un homme très indiscret. L'homme sans nez a frappé l'homme désagréable avec une bouteille en verre parce que ce dernier s'était moqué de lui. Mais l'autre homme n'était pas blessé. Le premier homme s'est levé, il a commencé à crier sur toutes les personnes et le bus s'est mis à rouler très vite, faisant tomber quelques voyageurs. Ensuite le chauffeur a perdu le contrôle du bis et il y a eu un accident : le bus est tombé dans un précipice. Tous les passagers sont morts, sauf un passager qui a réussi à sauter en dehors du véhicule... à suivre.

Extrait de l'ouvrage original : RÉCIT

Un jour vers midi du côté du parc Monceau, sur la plate-forme arrière d’un autobus à peu près complet de la ligne S (aujourd’hui 84), j’aperçus un personnage au cou fort long qui portait un feutre mou entouré d’un galon tressé au lieu de ruban. Cet individu interpella tout à coup son voisin en prétendant que celui-ci faisait exprès de lui marcher sur les pieds chaque fois qu’il montait ou descendait des voyageurs. Il abandonna d’ailleurs rapidement la discussion pour se jeter sur une place devenue libre. Deux heures plus tard, je le revis devant la gare Saint-Lazare en grande conversation avec un ami qui lui conseillait de diminuer l’échancrure de son pardessus en faisant remonter le bouton supérieur par quelque tailleur compétent.

Rédigé par ateliersilcf

Publié dans #Ecriture collective

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